Notre glossaire du terroir

ABEILLE :

S.F. Insecte volant, grosse mouche qui a un aiguillon fort picquant, & qui fait le miel & la cire. Apis. Comme on voit au printemps la diligente abeille,
Qui du butin des fleurs va composer son miel. Boileau.

BARRIQUE (BARIQUE), S.F. :

Tonneau & futaille. Cadus ; dolium. Une barique de vin. Il faut quatre bariques pour faire le tonneau de vin à Bourdeaux, ou trois muids de Paris. On se retranche avec des bariques vuides.

BIERE, S.F. :

Signifie une boisson faite d’orge, de froment, d’avoine, ou autre sorte de blé. Cervisia. On ya ajoute du houblon pour lui donner le goût du vin. On les brasse longtems & on les fait cuire dans des chaudières, cette boisson enyvre comme le vin, & cette yvresse dure même plus longtems, à cause que la bière étant plus matérielle, est plus difficile à digérer que le vin.

BOUTEILLAGE, S.M. :

Ancien droit que les Bretons payoient à leurs seigneurs, sur le vin & sur tous les autres breuvages. Vectigal vinarium. Le droit de bouteillage étoit un des plus considérables. Les seigneurs levoient de grands droits sur la vente du vin & de tous les autres breuvages, comme la cervoise, le medon ou hydromel, le piment & le cidre.

BOUTEILLE, S.F. :

Vaisseau portatif destiné à contenir quelque liqueur. Il s’en fait de différentes figures, matière et capacité. Une bouteille de rossolis.Une bouteille d’encre, une bouteille de muscat. On a tiré ce vin par bouteilles, on l’a transporté par bouteilles. Il est défendu par les Ordonnances de la ville de vendre du vin en détail dans des bouteilles, mais seulement dans des pots d’étain, marquez et étalonnez.

BOUTILLIER, S.M. :

Grand Echanson chez le Roi. Le Bouteiller étoit chargé de tout ce qui regarde la bouche. Le Bouteiller étoit un des cinq grands Officiers de France, qui signoit dans toutes les Patentes des Rois, ou du moins étoit présent à leur expédition. Il avoit séance entre les Princes, & disputoit le pas au Connétable. Du Tillet cite un arrêt datté de 1224, qui donne au Bouteiller assistance & opinion en la cour des Pairs de France pour jugement des Pairs.

BRASSER, v. act. :

Remuer quelque chose de liquide avec violence de bras. On le dit premièrement de ceux qui font de la bière, dont il faut agiter & remuer fortement la liqueur pour la mêler avec l’orge, le houblon, ou les autres drogues dont on compose semblables breuvages. On le dit aussi dans les papetries, dans les monnoyes, &c.

BRASSERIE, S.F. :

Lieu où on fait de la bière. Il est défendu aux brasseurs de nourrir ou de tenir en leurs maisons où sont leurs brasseries, aucuns boeufs, vaches, porcs, oisons, ni canards, à cause de l’infection que causeroient ces animaux dans les brasseries, qui ne peuvent être tenuës trop nettes.

BRASSEUR, S.M. :

Celui qui fait ou vend de la bière en gros.

BRASSIN, S.M. :

Est un vaisseau où les brassseurs font leurs bières. Ce mot signifioit autrefois affaire.
Soit philosophe ou médecin,
Il n’entend rien en tel brassin.

CAVE, S.F. :

Lieu voûté, ou partie d’un bâtiment qui est au-dessous du rez-de-chaussée. Il y a plusieurs églises où il y a des chapelles basses comme à Notre-Dame de Chartres, à Sainte-Geneviève, à Saint-Victor ; on les appelle la cave. Une descente, une voûte, un berceau de cave. Cave, se dit dans les maisons particulières du lieu souterrain & voûté où on met le bois, le vin, & les autres choses qu’on veut tenir fraîchement. Cella vinaria. Ce cabaretier a 200 pièces de vin dans sa cave. On met rafraîchir l’eau dans la cave.

CEP, S.M. :

Souche, pied de vigne. Cette treille est bien couverte, cependant il n’y a que trois ceps de vigne. On écrit ordinairement sep par abus ou autrement.

CHÂTAIGNE, (CHASTAIGNE, S.F.) :

Fruit d’un grand arbre qu’on appelle châtaignier, & qui est assez connu. Ce fruit est renfermé dans trois enveloppes. L’extérieure est semblable à un hérisson, garnie de piquans. Celle du milieu est comme du cuir délié, brune et polie. La troisième est plus mince & ridée. Au-dessous on trouve la châtaigne, qui est blanche, assez dure, d’un goût agréable, & fort bonne à manger.

CHÂTAIGNERAIE, (CHASTAIGNERAIE, S.F.) :

Lieu ou terre plantée de châtaigniers.

CHÂTAIGNIER (CHASTAIGNIER, S.M.) :

Prononcez châtaignier, sans faire sentir l’r. Castanea Sativa. Arbre qui a pris son nom du pays d’où il a été apporté. Castanea à Castanide terra. Les vieux pieds de châtaigniers sont fort gros ; on en a vu en France de si gros, que quatre personnes auroient eu peine à les embrasser.
Les Sévennes et le Vivarais fournissent beaucoup de châtaignes. Le peuple vit en ce pays-là une partie de l’année de ce seul fruit. On fait cuire les châtaignes tantôt dans l’eau simplement, tantôt sous les cendres chaudes, ou on les fait rissoler à la poële percée. Les châtaignes sont fort incrassantes. On laisse des châtaigniers en taillis, le bois en est bon pour des perches, pour différens ouvrages. Le charbon du châtaignier pétille trop au feu, & ne peut être employé qu’à la forge. Il n’y a guère de Province dans le Royaume qui n’ait des bois & taillis de châtaigniers. Les plus belles charpentes, celles de la plûpart des anciennes églises, sont de châtaignier. Il sert aussi à faire des cercles de cuves & futailles, ou des perches pour les treilles & espaliers.

CHÂTEAU (CHASTEAU, S.M.) :

Chasteau, se dit simplement du logis d’un seigneur, d’un Hôtel où il demeure, & où on lui vient rendre hommage, bâti en manière de forteresse, avec fosse & pont-levis. On appelle aussi château, une maison sans défense, où les fossez ne servent que d’ornement. Le château du Louvre. Le château de Vincennes. Le château de St-Ange à Rome.
Chasteau se dit aussi d’une maison de plaisance, quand elle est bâtie magnifiquement. Ce n’est pas là une maison de bourgeois, c’est un château.

CHASTEL, S.M. :

Petit château. Castellum. C’est un vieux mot François formé de ce mot latin, & qui n’est resté que dans quelques noms propres de lieux, & qui n’est resté que dans quelques noms propres de lieux, & quelques noms de familles. Ainsi l’on aperçoit Chatel-Aillon une ancienne ville du pays d’Aunis, qui est détruite. Castrum ou Castellum Julii. La Rochelle a été bâtie de ses ruines. Chastel sur Moselle est une petite ville de Lorraine.

CHAPELLE, S.F. :

Petite église distincte & séparée, qui n’est ni parroisse, ni cathédrale, ni prieuré, qui subsiste d’elle-même, & que les canonistes appellent sub dio, sacrarium, sacellum. Une chapelle est proprement un oratoire où il n’y a qu’un autel. Le canon 21 du Concile d’Agde tenu en 506, permet aux particuliers d’avoir des chapelles dans leurs maisons : avec défense aux clercs d’y célébrer sans la permission de l’évêque.
Chapelle est aussi une partie d’une grande église où il y a un autel ou on dit la messe. Les chapelles sont d’ordinaire aux arcades qui sont aux côtez des églises, ou au devant des piliers.

CONTER, v. act. :

Faire une narration, une claire déduction d’un fait, d’une histoire. La principale qualité d’un Historien, c’est de conter bien nettement ; d’un avocat, de bien conter son fait, comme la chose est arrivée.
Conter, signifie tout simplement, Faire un conte, réciter quelque trait plaisant, soit qu’il soit vrai ou faux.
Conter signife aussi, en faire accroire, donner pour vraies des choses fausses. Cet homme en conte bien à qui le voudroit croire : il conte des sornettes, on ne sçauroit ajouter foy à ses paroles.

COTEAU (COSTEAU), S. M. :

Côteau est une petite élévation de terre en forme de colline, qui étenduë en long. La terrasse de S. Germain est sur un côteau fort agréable. Le bon vin croît ordinairement sur les côteaux. On a appellé l’Ordre des Côteaux une certaine société de débauchez délicats, qui ne vouloient du vin que d’un certain côteau.

CUVE, S.F. :

Grand vaisseau de bois, rond, & composé de doëles ou douvelles, exactement appliquées l’une à l’autre, & entouré de cerceaux qui lient ces doëles, & les serrant l’une contre l’autre, font que ce vaisseau peut tenir la vendange que l’on y apporte de la vigne, que l’on y jette, que l’on y foule pour en tirer la mèregoutte, & que l’on y laisse plus ou moins, selon que l’on veut laisser prendre plus ou moins de couleur au vin.

CUVEAU, S.M. :

Petite cuve. Un cuveau suffit pour ma vendange de cette année.
Cuveau est aussi un vaisseau de bois entouré de cerceaux, mais beaucoup plus petit qu’une cuve, & dont on se sert pour recevoir le vin qui coule de dessus le pressoir.

CUVÉE, S.F. :

La quantité de vin qu’en une seule fois peut tenir une cuve qu’on foule, & qu’on laisse cuver. Les marchands distinguent leurs vins par cuvées, car elles ne sont jamais également bonnes.

CUVER, v. act. :

Qui se dit du vin foulé qui demeure quelque tems dans la cuve. Les marchands connoissent le vin qu’on a fait trop, ou trop peu cuver.
Cuver, est aussi un verbe neutre, le vin cuve, le vin a cuvé tant de tems.

CUVÉ, ÉE, part. & adj. :

Le vin trop cuvé sent la grappe.

DEGUSTATION, S.F. :

Terme des Aides. Essai, épreuve qu’on fait des liqueurs en les goûtant. Les commis disent dans leurs procès verbaux qu’ils ont connu à la dégustation que des liqueurs étoient semblables, ou différentes.

ECHALAS (ESCHALAS), S.M. :

Morceau de bois en forme de bâton, qui a environ quatre pieds & demi de longueur, & qui sert à soutenir un sep de vigne, ou des treillages ou des contre-paliers. Les bons échalas se font de coeur de chêne. Des échalas de quartier. On les appelle en plusieurs endroits du paisseau. L’échalas se fait depuis quatre jusqu’à quinze pieds de long. Les petits servent aux vignes, les grands aux berceaux & aux espaliers. Les grands échalas s’appellent autrement perches.

EGLISE, S.F. :

C’est l’assemblée de personnes unies par la profession de la même foi chrétienne, & par la participation des mêmes sacremens, sous la conduite des pasteurs légitimes, & surtout du pape, le seul souverain pontife, vicaire de Jésus-Christ en terre.
Eglise : signifie aussi un temple bâti & destiné à l’honneur de Dieu, & ordinairement sous l’invocation de quelque saint. On dit bénir une église, consacrer une Eglise, fonder une Eglise, bâtir une Eglise. Combien voit-on de gens courir à l’Eglise moins par dévotion, & par devoir, que par coutûme & par bienséance?
Eglise, par rapport à l’architecture, est un grand vaisseau en longueur avec nef, choeur, bas-cotez, chappelle, clocher, &c. Le peuple se met ordinairement dans la nef. Les ailes d’une Eglise ou les bas-cotez, sont les deux voûtes qui sont à côté de la grande voûte. Une Eglise simple, est celle qui n’a que la nef & le choeur. Eglise à bas-cotez, est celle qui a un rang de portiques en manière de galeries voûtées, avec chapelle en son pourtour. Eglise à doubles cotez, est celle qui a en son pourtour deux rangs de galeries avec chapelles.
On appelle aussi Eglise, tout l’état du clergé. L’Eglise en corps. Quand on assemble les Etats, l’Eglise a le premier rang.

ESSAIM :

S. M. Prononcez essain, ainsi que plusieurs l’écrivent. C’est une volée, une multitude de jeunes abeilles qui sortent de leur ruche pour se séparer des vieilles, & pour aller ailleurs. L’essaim sa va poser sur une branche d’arbre, où l’on le va prendre pour le mettre dans une autre ruche.

FERME :

S.F. Petit domaine de campagne, métairie ou héritage consistant en terres, prez, vignes, bois. Il y a plusieurs fermes, ou métairies, qui dépendent de cette maison, ou château.
Ferme, est aussi un bail ou louage qu’on fait d’héritage, ou de toutes sortes de droits, moyennant certains prix ou redevances qu’on paye tous les ans au propriétaire. La ferme d’une telle seigneurie, d’un tel champart, d’une telle forge.

GITE : S.M. :

Lieu où l’on couche. Il ne se dit dans les villes que de celui des pauvres gens ou vagabonds, qui n’ont point de domicile, de lien assuré pour coucher, & qui donnent tant pour leur gîte. On ne peut retenir les prisonniers pour le payement de leurs gîtes & géologes.
Gîte, se dit à l’égard des voyageurs, du lieu où ils doivent aller coucher. Il faut arriver de bonne heure avant le coche pour retenir un bon gîte. Nous aurons de la peine à arriver au gîte. Il le conduisit à pied jusqu’au gîte. […], Molière fait dire à un homme qu’on alloit mettre prisonnier ; tout beau, vous n’irez pas fort loin pour trouver votre vin.

GOÛT (GOUST), S.F. :

C’est des cinq sens de nature celui par lequel on discerne les saveurs. Gustus : les goûts sont différens. Il est bon d’avoir le goût exquis ; mais il n’en faut pas faire sa principale volupté. M. Scud. On dispute sur l’organe du goût, s’il réside sur la lalngue, ou au palais de la bouche. Il est plus probable & plus conforme à l’expérience de dire que la langue est le principal organe du goût ; mais que le palais, surtout dans sa partie postérieure, nous sert aussi à goûter les saveurs, comme on peut le remarquer en mangeant & en avalant ; & en effet, les nerfs de la troisième & de la quatrième conjugaison, qui semblent être destinez pour le goût, se répandent non seulement dans la langue, mais aussi dans le palais. Les petites houpes nerveuses qui se terminent à la surface de la langue en forme de mammelons, & dans lesquelles consiste l’organe immédiat du goût. Lémery.

GRAPPE, S.F. :

Fruit ou semence de plusieurs arbres & plantes, qui se divise en plusieurs grains attachez ensemble. Il se dit particulièrement de la vigne.

GUIDE, S.M. :

Conducteur dans un chemin difficile & inconnu. Le Roi dans sa marche a des capitaines, des guides en titre d’office. Ils sont d’ordinaire deux. Le Capitaine des guides marche à la portière du carrosse du Roi pour lui nommer les lieux où l’on passe. Les guides portent les couleurs du Roi, & sont exempts de gens de guerre.

HISTOIRE, S.F. :

Récit fait avec art : description des choses comme elles sont par narration soutenuë & continuée, & véritable des faits les plus mémorables, & des actions les plus célébres. Historia. L’Histoire est un miroir où les Rois voyent l’image de leurs défauts. Cicéron dit que l’Histoire est le témoin des tems, & la messagère de l’antiquité.
Sçavoir l’Histoire, c’est connoître les hommes qui en fournissent la matière. Etudier l’Histoire, c’est étudier les motifs & les passions des hommes, pour en connoître tous les ressorts, les tours & les détours.
Le P. Ménestrier a fort bien décrit le caractère particulier de toutes les espèces différentes d’Histoire, dans sa préface de l’éloge historique de la ville de Lyon. Il distingue l’Histoire par raport à sa matière ou par raport à sa forme, & il donne des exemples curieux de toutes les sortes particulières. L’Histoire par raport à sa matière est ou sacrée ou naturelle, ou civile ou personnelle, ou singulière. L’Histoire par raport à sa forme est ou simple ou figurée, ou mêlée.

Quoique vous puissiez dire en publiant sa gloire [de Louis XIV]
Vous le ferez moins grand que ne sera l’Histoire. De Scudéry

Histoire, se dit aussi des romans, des narrations fabuleuses, mais vraisemblables, feintes par un auteur ou déguisées.
Histoire, se dit aussi des récits particuliers qu’on fait de quelques événemens singuliers, tragiques ou notables. Historia, narratio.

HOUBLON, (l’h s’aspire) :

Plante qui a les tiges menuës, sarmenteuses, flexibles, rudes, veluës. On fait deux espèces de cette plante, qui ne sont que deux individus, dont l’un ne porte que des fleurs, & l’autre des fruits seulement. Le premier s’appelle mâle & le second femelle. Ses feuilles sont larges, semblables à celles de la couleuvrée, mais d’un verd plus foncé, rudes, dentelées, attachées vis à vis l’une de l’autre sur leur tige par des queuës assez longues, rougeâtres, âpres au toucher. Ses fleurs pendent en forme de grappe, petites, blanches ou pâles. Elles sont composées chacune de plusieurs étamines qui naissent au milieu d’un calice formé de feuilles disposées en rôse.

LIE, S.F. :

La partie la plus crasse, la plus épaisse & la plus grossière du vin, de l’huile & des autres liqueurs.

LIEGE, S.M. :

Arbre de moyenne hauteur, ressemblant beaucoup au chêne-verd, mais son tronc est plus gros, & son écorce beaucoup plus épaisse, fort légère, spongieuse, de couleur grise tirant sur le jaûne : elle se fend & se sépare de l’arbre si l’on n’a le soin de l’en ôter ; parce qu’elle est poussée par une autre écorce qui se forme dessous.
Liège, se dit particulièrement de la seconde écorce de ce bois qui nage sur l’eau. On se sert de liège pour mettre sous des pantoufles & sous des patins, parce qu’il est fort léger. Les filets des pêcheurs ne sont suspendus sur l’eau que par les lièges qui y sont attachez. On se sert de liège pour faire des tampons de canons, des bondes de bariques, & autres achoses semblables. Il y a une espèce de liège d’Angleterre, qui est serré & moins poreux que le liège commun, qui est merveilleux pour faire des bouchons de bouteille, où l’on peut mettre sûrement du vin sans crainte qu’il s’évente.

MIEL :

S. M. Ouvrage des abeilles qu’elles font dans leurs ruches avec de la cire ou suc doux que les abeilles font de ce qu’elles cueillent sur les fleurs, ou sur les feuilles des plantes, ou des abres.
Strabon dit qu’il y a un miel qu’on trouve en quelques arbres, qui est un poison. Or ce miel se fait par des abeilles du Pont & d’Héraclée, qui mangent de l’aconit & de l’absinthe.

PAÏSAGE, S.M. (prononcez péisage, de quatre syllabes). Aspect d’un païs :

le territoire qui s’étend jusqu’où la vuë peut porter, ou étenduë de païs que l’on peut voir d’un seul aspect. Les beaux païsages sont ceux qui sont diversifiez par quantité d’objets agréables à la vuë, comme des collines, des vallées, des campagnes, des prairies, des bois, des vignes, des maisons de plaisance, des villes, des bourgades, des hameaux, des sources, des ruisseaux, des rivières, & enfin la mer même. Plus il y a de ces divers objets dans un païsage, & plus il est beau.

PATRIMOINE :

S.M. Bien ancien dans la famille, ou du moins qu’on a hérité de son père & de sa mère. La Fandre est de l’ancien patrimoine de la France. Cet avocat étoit riche de patrimoine avant que de se mettre au barreau. On donnoit autrefois ce nom aux biens en fonds de chaque Eglise. Ainsi on disoit le patrimoine de l’Eglise de Rimini, le patrimoine de l’Eglise de Milan, le patrimoine de l’Eglise de Ravenne. L’Eglise romaine avoit des patrimoines en divers pays, comme en France, en Afrique, en Sicile, dans les Alpes, & en plusieurs autres endroits ; & pour faire respecter davantage ce qui appartenoit à l’Eglise, on donnoit d’ordinaire à chacun le nom du saint qu’elle avoit en plus grande vénération. Ainsi l’Eglise de Ravenne appelloit ses héritages le patrimoine de S. Apollinaire ; celle de Milan, le patrimoine de S. Ambroise, &c.

RAISIN :

S.M. Fruit de la vigne, qui vient en grapes, qui est bon à manger, & à faire du vin. Les apothicaires appellent les raisins de Damas, zizibum, du mot arabe zizib, qui signifie raisin. On figure la terre de promission par une grape de raisin portée par deux hommes. Au Pérou on a trouvé des grapes de raisin pesant huit ou dix livres. Le poëte Anacréon mourut en avalant un pepin de raisin. On dit aussi raisin de lierre, parce qu’il vient en grape comme le raisin.

RHONE, RHOSNE, S.F. :

Nom propre d’une des plus grandes rivières de France. Le Rhone a ses sources au mont de La Fourche qui est sur les confins des bailliages des Suisses en Italie, traverse tout le Valais, le lac et la ville de Genève, après il sépare la Bresse de la Savoye & du Dauphiné jusqu’à Lion, d’où prenant son cours droit au midi entre le Lionnois & le Languedoc qui sont au couchant, & le Dauphiné avec la Provence qui restent au levant, il se décharge dans la mer Méditerranée par plusieurs embouchures, ausquelles on a donné le nom de gras, tiré apparemment du latin gradus qui signifie échelle, nom qu’on donne à la plupart des ports de la mer Méditerranée.

RUCHE :

S. F. Panier en forme de cloche, fait d’osier, de paille, de jonc, &c. & destiné à nourrir & ferrer des mouches à miel. On fait aussi des ruches de verre pour avoir le plaisir de voir travailler les abeilles.

TERROIR, S.F. :

Terre considérée selon ses qualitez. Les plantes, les arbres, ne viennent bien que selon que le terroir leur est propre. Les saules, les aûnes, les peupliers demandent un terroir humide & marécageux ; la vigne un terroir sec, pierreux & de roche ; le blé un terroir gras et fertile. Le terroir des landes ne se cultive point, parce qu’il est trop ingrat.
On dit que le vin a un goût de terroir, quand il a quelque qualité désagréable, qui lui vient par la nature du terroir où la vigne est plantée.

SOMMELERIE, S.F. :

Partie de l’office d’une grande maison, où l’on apprête le dessert & la boisson pour le service de la table. C’est un lieu au rez-de-chaussée d’une grande maison & près de l’office, où l’on garde le vin de la table, & qui a ordinairement communication à la cave par une descente particulière.
Sommelerie, est aussi la charge de celui qui prépare le dessert dans les grandes maisons, qui fournit le pain, le vin & la cire, qui a soin de mettre le couvert, de garder le linge & la vaisselle. La sommelerie est un des sept offices de la Maison du Roi.

SOMMELIER, S.M. :

Officier de la table d’un grand Seigneur, qui met le couvert, qui fournit le vin & le dessert, &c. Ce seigneur tient bonne table, il a de bons officiers, un bon cuisinier, & un bon sommelier.
Ce mot vient de summularius, qui a été fait de summula, diminutif de summa, parce que le sommelier a en compte le linge & la vaisselle.

SOMMELIERE, S.F. :

C’est parmi les religieuses Bernardines, celle qui a soin des habits, des vivres & autres choses de cette nature. Vestiaria curatrix.

VACANCES, S.F. :

Suspension d’affaires ou d’études. Les Régens ont donné vacances à leurs écoliers. Vacances se dit pour le Collège, & vacations pour le Palais.

VENDANGE, S.F. :

Récolte de vin. On aura cette année pleine vendange, c’est à dire, pleine récolte de vin.
Vendange signifie aussi le raisin, & le vin qui en est sorti. On foule la vendange dans la cuve. On porte la vendange foulée au pressoir. J’ai de bonne vendange en ma cave, pour dire, de bon vin. Buvez, voilà trop prêché sur la vendange, c’est à dire, sur le vin qu’on tient en main.
Vendanges, au pluriel, se dit de la saison où l’on fait la récolte, & de l’action de cueillir & pressurer le raisin. Il est allé au champ se divertir en cette saison avec un ami qui a des vendanges à faire. Il faut une ordonnance du juge ordinaire avec publication pour commencer les vendanges.

VENDANGER, v. act. & n. :

Cueillir les raisins, & en faire du vin. Il a vendangé vingt arpens de vigne en trois jours. On a vendangé par tout au pays d’Amont.

VENDANGEUR, EUSE, S.M. & F. :

Gens de journée qui aident à faire la récolte du vin. Il y en a de coupeurs, de Horteurs, de chargeurs, de fouleurs, de pressureurs.
Vendangeurs, se dit proverbialement en ces phrases. Les saints vendangeurs, sont ceux dont les fêtes échéent à la fin du mois d’avril, ou au commencement de mai. C’est le tems où les vignes sont en danger de geler. Ils sont douze en nombre, comme saint Georges, saint Marc, &c. Il y a eu des paysans qui ont sollicité pour les faire transférer après vendanges.

VERJUS, S.M. :

Raisin encore verd & aigre, qui a été cueilli avant sa maturité. On l’emploi dans les alimens & dans les remèdes.
Verjus, se dit aussi du suc qu’on exprime des raisins avant leur maturité. Il a une couleur verdâtre, & un goût acide & stiptique.

VIGNAGE, S.M. :

Droit que le seigneur prend sur les marchandises & bétail passant pais, comme le treu, le péage & le droit de pontenage.

VIGNE, S.F. :

Plante qui croit en arbrisseau, & qui produit ds raisins. On l’appelle aussi bois tortu. On ne peut consacrer que sur du vin de vigne. Il y a des plantes de vigne de muscat, de Bar-sur-Aube, de morillon, & d’autres espèces de raisins. En Italie les vignes montent jusques sur les arbres. On doit faire trois labours, trois façons aux vignes, & les tailler, lier, échalasser. On couche les sions des vignes pour les faire provigner. Le sep, le pampre, les feuilles de vigne.

VIGNERON, ONNE, S. M & F. :

Qui a soin de faire des vignes, de travailler aux vignes. La campagne est principalement habitée de Vignerons & de Laboureurs.

VIGNOBLE, S.M. :

Pays, territoire abondant en vignes. Le Gatinois, le Sancerrois, sont de grands vignobles, Beaune, Tonnerre, Chablis, sont les plus beaux vignobles de la Bourgogne.

VIN, S.M. :

Liqueur propre à boire, composée des raisins. Le vin enivre ceux qui en boivent trop.
Le vin est souvent distingué par la façon. Le vin doux, est celui qui n’a point encore bouilli. Le vin bourru, est celui qu’on a empêché de bouillir, qu’on a jetté dans l’eau froide. Le vin cuvé, est le vin fait, qu’on a laissé bouillir dans la cuve. Les vins sont différens par les différentes cuvées.

VINADE, S.F. :

Terme de coutume. Droit qui est dû au Seigneur par ses sujets pour charroyer son vin, comme la bohade. La vinade entière est entenduë de deux paires de boeufs & une charrette, au lieu que la bouade, ou vouade n’est que d’une paire de boeufs ou une charrette.

VINEE, S.F. :

Ce qu’on a recueilli, ou ce qu’on espère recueillir de vin. Les vignes sont belles, nous aurons bonne vinée. On a eu pleine vinée l’an passé.

VINEUX,EUSE, Adj. :

Qui tient du vin, qui a le goût du vin. On dit d’un ivrogne, qu’il a l’haleine vineuse ; pour dire, qu’il put le vin. On appelle Coulange la vineuse en Bourgogne, parce que c’est un lieu où il y a beaucoup de vignes.

VOYAGE, S.M. :

Transport qu’on fait de sa personne en des lieux éloignez. On fait voyage par curiosité pour voir des choses rares. Les voyages sont nécessaires à la jeunesse pour apprendre à vivre dans le monde.

VOYAGER, V.N. :

Aller dans les pays étrangers. Il y a des gens qui sont nez pour voyager, qui ont la manière de voyager, qui voyagent toute leur vie.
Voyager, se dit figurément en parlant de ceux qui étudient la géographie & l’histoire, qui apprennent la situation des lieux, les moeurs des peuples, aussi bien que ceux qui voyagent effectivement. Cet homme a bien voyagé dans les cartes, dans les livres.

VOYAGEUR, S.M. :

Qui fait des voyages par pure curiosité, & qui en fait des relations. Pietro de la Valle étoit un illustre voyageur. Thévenot a été un fameux voyageur. Les mal affectionez estimoient Charles Quint plus grand voyageur que grand conquérant.

VOYAGISTE, S.M. :

Ce mot se trouve dans Richelet, sans d’autre autorité que la sienne ; pour signifier celui qui décrit un voyage, qui fait l’histoire de quelque voyage dans un pays éloigné. Peragationum scriptor. Marmol est un des plus fameux voyagistes de l’Afrique.

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